Jours 10 11 - Mémoires de quartier

samedi 8 et lundi 10 janvier

La houle est forte sur Trestraou, le silence de l’écriture s’installe et sur la scène du Palais des congrès, le spectacle est total ; il n’y a plus que le bruit des vagues, et à travers l’immense mur vitré, je les vois, elles sont immenses. Il me semble même qu’elles pourraient nous engloutir ; douze tables d’écriture ont envahi le plateau, surplombent la plage, et les mots de la tempête s’alignent sur les pages alors que les planches de surf glissent sur les vagues. Ce matin, il se passe de grandes choses ; dans le palais, des géantes et des géants surfent sur leur mémoire, plongent dans les archives intérieures, accueillent les histoires, celles qui remontent à la surface du jour. Et pendant ce temps-là, il n’y a que le silence ; c’est un silence tout particulier, celui de l’écriture, un silence habité, on y décèle le bruit des âmes et le bruit des corps tendus et concentrés laissant parfois s’échapper un soupir. Il est impossible de deviner ce qu’il s’écrit, quelle rencontre intérieure se produit, quelles émotions, quelles inventions, quelles remémorations soudain apparaissent au bord des mondes. Et alors que la vague, une nouvelle, surgit dans mon champ de vision, les douze mains écrivent toujours. Bientôt des voix se font entendre ; toute la poésie des quartiers se livre hors de la page. Et quand je les écoute les textes, je ne peux pas retenir les frissons. Je vais à la rencontre des habitantes et des habitants de Perros-Guirec, de leur mémoire et c’est une aventure qui donne au silence une qualité particulière : la saveur d’un plongeon dans ma propre mémoire. Je tremble et la houle, inconstante, demeure.  

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