Billet du 6 novembre - RADEAU

Depuis lundi, froid et lumière
Sept degrés ce matin
Un grand soleil levant dans la parcelle du verger

La ville confinée se réveille pour aller emmener les enfants à l'école, partir travailler et nous, ici, tous les cinq
À nettoyer trois mille mètres carrés d'un champ de ronces, ponctué de châtaigniers , d'érables et de saules
Les uns tronçonnent ou débroussaillent
Les autres trient le bois coupé pour en faire des bûches, piquets ou copeaux

Le terrain s'éclaircit, la vue mer se dégage
Entre le bois d'amour et les toits des maisons de la rue de Landerval
Comme un îlot d'où on se sent loin de tout
Comme un radeau où l'on dérive sans penser à cette période si particulière

D'ici on touche les toits rouges et ardoises de la rue
D'ici on voit le Lenn et Louaneg au loin
A l'Ouest, Ti huellan, le grand pin du Quinquis, la rue de la Salle, du Petit Nice et de la petite Corniche...
En contrebas, les maisons de pêcheurs avec leurs cheminées qui fument
Et derrière elles qui dépassent, les maisons d'armateurs
On est dans l'envers du décor

La ville confinée se réveille et déjà deux grues dansent
Mésanges et rouges gorge s'approchent de nos tas de végétaux
A l'heure du café-thermos, on se questionne

Comment exporter et valoriser toutes ces billes de bois?
Comment amener l'eau indispensable à nos fruitiers cet été?
Qui pressera notre jus de pommes?

Mais le travail est bien trop prenant et il est temps de s'y remettre
On rallume les machines
On prend une feuille et un crayon pour des croquis d'intention d'une future petite école de la forêt
On saisit une pelle bêche pour la nurserie des châtaigniers

Belles promenades à vous dans votre kilomètre
Il reste de très belles grosses châtaignes à ramasser
À bientôt et surtout inscrivez-vous, pour la phase de plantation en décembre-janvier

Que faire à Perros-Guirec ?


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