Billet du 4 août - Fauches

Les ajoncs ont poussé de quarante centimètres depuis leur dernière floraison
Les ronces n'arrêtent jamais leur conquête
Les graminées de la taille d'un enfant se balancent, folles, dans la brise
Tellement de verts
Tellement de biomasse
Tellement de matière

Claude Ponti dans son album Ma Vallée raconte une ville où l'on ne coupe plus jamais la végétation
Je me fonds dans son univers

Sur un site naturel on veut laisser l'ortie grandir pour nourrir les chenilles de papillon
On veut que le lierre rampe pour fournir de la nourriture en quantité pour les oiseaux l'hiver
L'homme veut marcher sur les chemins et faire la sieste sur un coin de talus
L'homme veut trouver sa place dans la nature

Alors avec tout ça, depuis une semaine
Vincent et Quentin coupent, ratiboisent
"On touze" comme disent ici les bretonnants

Dans la rue Aimée Fournier, ils taillent juste ce qu'il faut
Les têtes de leur débrouss' effleurent le sol et les brins fins coupés nets s'éparpillent
Je devine derrière leurs lunettes noires les regards qui guettent les promeneurs
Prêts à stopper la danse de leurs machines qui rend le moindre gravillon dangereux
Sûre qu'ils ont des yeux derrière le casque pour voir les voitures qui approchent

Déjà le mur maçonné par Michel retrouve sa couleur et sa ligne impeccable
Des moellons de granit roses énormes assemblés dans la belle tradition des carriers de la Clarté
Son caractère trempé

Débroussailler
Mettre propre
Faucher

Les grands étapes que sont les fauches
Celles d'été comme celles d'hiver
Permettent de rouvrir les milieux
La dose fait le poison dit le dicton
Nos gardes du littoral font juste ce qu'il faut pour préserver la biodiversité
Ni trop, ni trop peu





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