Billet du 3 juillet - Goéland

C'est sa plage et ses rochers
Ce sont ses algues
Les toits sont à lui
Les gouttières de l'hôtel et les balcons sont aussi à lui
Le lampadaire, les mâts, le calvaire
Les faîtages et les gerbières
Le ciel
Tout lui appartient

Il observe, il trône, il domine
Rien de la scène qui se déroule n'échappe à son regard

Une famille installe les serviettes et les jeux
Deux jeunes filles rentrent du bain
Un randonneur entame son déjeuner
Une table de terrasse se libère

Il capture, le screenshoter de la plage
C'est lui, Coco le goéland

Je l'observe, campé sur le caillou près de l'oratoire, la tête enfoncée dans les plumes
Il sait jouer le malheureux affamé
La quête est vaine, il s'envole brusquement, survole l'étendue de sable en rase-motte
Battements d'ailes amples, fiers
Sa présence me met les poils au garde-à-vous

Lui en haut, sans un bruit, plane
Nous, à faire crisser les grains de granit rose
Sa vue, panoramique
La nôtre, courte, encombrée
Lui, monochrome déployé
Nous, tâches de couleurs éparpillées

Mon goéland préféré prend de la hauteur, forme de grands arcs de cercle, revient
Le voilà qui descend pour un contrôle pique-nique à la recherche d'un providentiel gras de jambon
Il remonte, dix, cent, mille fois mieux qu'un deltaplane

La mer est pleine, Coco pleure, désespère
Il se pose sur les tuiles rouges de la villa dix-neuf cent
Les goélands du port et du parking le rejoignent, en rang
Ils se taquinent, se bousculent
aow-kayïï-kao-kao-kao-kao
Le premier raille, les autres l'imitent
 
C'est long une marée haute...
Tu dois encore attendre des heures que l'épicerie ouvre
Que le banquet royal s'annonce
Que les mares et les algues enfin s'offre à toi


Profitez de la beauté des oiseaux marins mais ne les nourrissez pas

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