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Jour 16 - par les temps qui courent

jeudi 3 février
Par les temps qui courent, il fait parfois bon de rester au chaud, sous une bonne couverture de laine, par les temps qui courent, il fait parfois bon de ne plus rien faire d’autre que d’aligner les mots, reprendre le projet, cesser de le tourner dans tous les sens et seulement laisser intuitivement les doigts filer sur le clavier, et comme seuls compagnons, admettre dans sa salle de travail thé et chocolat. Par les temps qui courent, s’isoler, s’installer dans un silence nouveau et accepter que le retrait est le seul complice crédible pour remettre les idées dans l’ordre et le corps au repos. Écrire, écrire sans juger, sans altérer, écrire et profiter du doux rayon de soleil pour mettre le nez dehors sans trop s’éloigner du clavier, jamais longtemps et retenir les mots qui arrivent par dizaine, juste les retenir, le temps de rejoindre la page. Par les temps qui courent, profiter du regain d’énergie pour entrevoir la suite d’un texte, relire les premières pages et éprouver l’envie de poursuivre, de revenir dans le monde chargée de ces quelques lignes supplémentaires qui, mises bout à bout, arriveront peut-être à faire le tour de l’histoire ; par les temps qui courent, n’être sûre de rien et avancer pourtant dans la douceur d’une fin d’hiver, avancer vers l’ouest et profiter de la lumière du jour jusqu’au bout et continuer à écrire, la nuit tombée, éclairée par la faible lueur de l’écran, ne pas s’arrêter, pas en si bon chemin et si bien entourée et par les temps qui courent, avoir le courage de s’éloigner de son téléphone, de refuser les invitations, de mettre une écharpe autour de son cou, d’allumer le feu imaginaire et de continuer l’histoire, celle qui s’écrit, fragile, en retrait du monde ; reconnaître le bruit de l’eau et celui du vent, c’est lui qui souffle les mots.


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